Projection du film Kippenberger – Der Film de Jörg Kobel

Mercredi 19 avril à 19h30

Institut Goethe

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De son vivant, Martin Kippenberger (1953-1997) fut un peintre, sculpteur et artiste performeur très controversé qui aimait provoquer et jouer avec l’art.

Ce n’est qu’après sa mort précoce que fut reconnue toute la portée de son oeuvre.

Grâce à des vidéos et des interviews avec de nombreux amis, parents et collègues, Jörg Kobel dresse un portrait captivant de ce créateur aux talents multiples.

Réalisation :  Jörg Kobel, Allemagne, 2005, couleur, v.o.s.t.angl., 75 min.
Présenté par Susanne Kippenberger, journaliste et auteure du livre
Kippenberger – Der Künstler und seine Familien (Berlin Verlag 2007)

Infos et accès 

:: 12/04/2017 -

Le regard politique de John Berger

 Un jour je téléphone au réalisateur Pierre Oscar Lévy.

Après avoir réalisé La grotte Chauvet, devant la porte où sont interrogés les scientifiques à leur retour de première visite, il estima nécessaire de recueillir enfin la parole de « quelqu’un qui parle d’émotion ». Le nom de John Berger s’imposa, et à force d’arguments il l’imposa. Je suis tellement content de savoir que c’est — si justement — John Berger qui fait le voyage vers l’intérieur pour nous.

La première descente du poète se fit sans image, puisque Levy n’avait pas encore l’autorisation de filmer dans la grotte.

John Berger recueillit ses impressions au dictaphone. Écoutant par la suite l’enregistrement, Lévy et Berger s’aperçurent que la voix parlait plus lentement que d’usage. Du silence est-il venu trouer la parole ? Des photons de mémoire ou les eidola de nos rêves se sont-ils engouffrés dans cette bouche bée ?

Le film Dans le silence de la grotte Chauvet (2002) s’achève avec la sortie de l’antre. John Berger met en marche, devant Pierre Oscar Lévy filmant, son dictaphone. Ralentie, la voix gravée nous révèle ce secret ramené des fonds : « Il y a de nombreuses sortes d’obscurités – chacune d’elles a son propre silence – il y a de nombreuses sortes de silences et peut-être qu’ici – en bas – tu te trouves – je me trouve – dans une espèce d’encyclopédie des silences ».

Thank you Mr. Berger.

Patrick Beurard-Valdoye

:: 04/01/2017 -

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Méconnu en France, le festival de cinéma Doku Arts vient pourtant de refermer sa 10ème édition le 23 octobre dernier. Durant trois semaines, le public était chaque soir convié à deux projections dans la grande salle du Zeughaus Kino rattaché au Deutsches Historisches Museum à Berlin. La sélection, sans compétition, rassemblait au total vingt cinq films issus de quinze pays différents, avec la présence de la plupart des réalisateurs invités à rencontrer le public. Si le nom du festival, Doku Arts, évoque d’emblée une filiation avec le documentaire sur l’art, la proposition reste néanmoins plus ouverte. Le documentaire prend dans ce contexte valeur d’essai cinématographique, une sélection rigoureuse qui questionne les enjeux formels de la production actuelle. Le cinéma documentaire comme expérience esthétique, voici bien ce qu’Andreas Lewin, fondateur et directeur du festival, et lui-même réalisateur, initie dès le départ en partenariat avec l’Ecole des Beaux-Arts de Berlin en 2006. Puis le festival prend ses quartiers pendant quatre ans au musée du cinéma à Amsterdam, The Eye, où il profite du rayonnement de l’institution et du célèbre festival IDFA (International Documentary Festival of Amsterdam). A nouveau berlinoise en 2012, la manifestation accueillie par le Zeughaus s’enrichie d’un deuxième événement cette fois réservée aux professionnels, le Symposium International, vaste terrain de réflexion dédié aux potentiels croisements Art, Science et Philosophie. Pour l’édition 2016, le programme proposé convoquait l’essai filmique contemporain sous le spectre très large de la migration des populations, de la littérature, de l’(auto)biographie et de la mémoire. Des photos de Koudelka sur la construction du mur en Israël (Koudelka Shooting Holy Land de Gilad Baram) jusqu’à l’analyse du cinéma de Samuel Beckett (Notfilm de Ross Lipman), le film sur l’art polarise ainsi ces thématiques avec en sélection pas moins de dix productions récentes. Et même si ces documentaires montrés en « première allemande » bénéficient déjà d’une renommée appréciable en festivals, la qualité des discussions après les projections révélait un engagement solide vis-à-vis de la création filmique aujourd’hui.

Site web 

:: 02/11/2016 -

Rencontre avec Corinna Belz, réalisatrice de films sur l’art.
Le mardi 17 mai 2016 au Café Flag à Bastille.

 

Corinna Belz (All) a étudié la philosophie, l’histoire de l’art et des média à Cologne et à Berlin. Elle a réalisé de nombreux documentaires dont Life after Microsoft et Les vitraux de la Cathédrale de Cologne qui a mené, plus récemment, à la réalisation du long métrage Gerhard Richter Painting (2011), devenu documentaire de référence. Depuis lors, elle a reçu une commande d’ARTE pour réaliser une série portant sur différents artistes contemporains auxquels Kasper König, le commissaire d’exposition, ex-professeur à la Städelschule de Francfort, rend visite. C’est par ce biais qu’un contact privilégié s’établira entre la réalisatrice et SensoProjekt (cfr suite).

 

Isabelle de Visscher-Lemaître : Vous êtes à Paris pour la suite de votre collaboration avec le Musée d’art moderne dans le contexte de l’exposition de Paula Modersohn-Becker ?

Corinna Belz : Oui, je dois revoir Julia Garimorth, commissaire de cette exposition. J’ai reçu la commande de ce documentaire à propos de cette formidable femme peintre du début du 20e s. Il a pu être financé en majeure partie par ARTE mais également avec le soutien de la Fondation Paula Modersohn-Becker de Brême (All), et du Musée parisien. J’ai beaucoup aimé faire ce film. Je l’ai construit en 4 parties, suivant les 4 séjours parisiens de l’artiste, des moments capitaux dans son processus de création se situant entre 1900 et 1906. J’ai opté pour un format d’image très différent d’un cycle à l’autre, tantôt horizontal, tantôt vertical afin de casser la répétition ou la lassitude que pourraient susciter les images. J’ai cherché des vues de Paris spécifiques à l’époque. Au fond, dans ces années-là, il y avait très peu de voiture dans la rue, quasiment pas. … suite >>

:: 23/06/2016 -

Rencontres autour du film sur l’art

Projections et Table ronde/ Vendredi 1er avril à 19h et samedi 2 avril à 17h

Aux arts citoyens 3 © Cinétévé 2012

Aux arts citoyens 3 © Cinétévé 2012

SensoProjekt est heureuse d’annoncer sa première édition des « Rencontres autour du film sur l’art » au Centre Wallonie Bruxelles-Paris. Durant le week-end se succèderont des projections et des rencontres avec des acteurs du monde de l’art contemporain et des réalisateurs invités. Trois focus sur trois collections particulières:

– la collection d’art minimal et conceptuel du collectionneur belge Herman Daled, acquise par le MoMA

– la collection du couple de collectionneurs français Jean-Philippe et Françoise Billarant, et le Silo, l’espace dédié à la présentation de la collection

– la collection du collectionneur Antoine de Galbert et fondateur de La maison rouge à Paris, à travers l’exposition « Le mur » regroupant plus de 1000 œuvres de sa collection.

 

Programme des Rencontres

Vendredi 1er avril à 19 heures

La collection qui n’existait pas de Joachim Olender, en sa présence (1h33) / Projection suivie d’une discussion avec le réalisateur.

 Samedi 2 avril à 17 heures Projections et table ronde

Jean-Philippe et Françoise Billarant, un couple de collectionneurs de Daniel Schick, en sa présence (12 min)

Rendez-vous chez les artistes : Kaspar König et Niele Toroni de Corinna Belz (15 min)

Table ronde : « Le film sur l’art à propos des collections et des collectionneurs », avec la participation des collectionneurs Jean-Philippe et Françoise Billarant, et des cinéastes Joachim Olender, Marie Mandy et Alyssa Verbizh, animée par Isabelle de Visscher-Lemaître (historienne de l’art et vice-présidente de SensoProjekt).

Samedi 2 avril à 19 heures

Voyage dans ma collection, Antoine de Galbert par Alyssa Verbizh, en sa présence (52 min) /Projection suivie d’une discussion avec la réalisatrice.

 

Le programme de ces Rencontres se composera de films documentaires très variés, en format, en mode de production et en style. Il portera spécifiquement sur un ensemble de trois collections d’art contemporain récentes, en France et en Belgique, toutes trois s’étant rendues publiques suivant des modes très différents et selon des histoires distinctes. Ce qui nous importe de soulever est d’une part la manière de rendre compte d’une vaste collection d’art, de montrer les œuvres et la personnalité qui les a rassemblées et ce à quoi mène idéalement cet incroyable engagement du collectionneur que l’on pourrait résumer en trois mots : Posséder, Conserver, Transmettre. … suite >>

:: 08/03/2016 -

9ème Journées Internationales du Film sur l’Art au Louvre 

22-31 janvier 2016

Désormais élargie à 8 jours de programmation, cette nouvelle édition reçoit un invité exceptionnel, Wim Wenders, pour trois jours de projections et de rencontres autour de ses film sur l’art.

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Le programme détaillé

:: 30/12/2015 -


Le Fresnoy présente pour la 15e année consécutive le palmarès du Festival International du Film sur l’art de Montréal (FIFA), ainsi qu’une programmation spéciale conçue par Nicole Gingras. Une fenêtre grande ouverte sur le monde, des rencontres et des découvertes inoubliables sur grand écran.
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Tout le programme
 
Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains
22 rue du Fresnoy 59200 Tourcoing
:: 29/12/2015 -

Ce DVD propose trois films autour de la thématique de la copie d’œuvres et du peintre Jean-Baptiste Chardin : Trait pour Trait, de Jean-Baptiste Chardin à Mélissa Pinon de Julien Devaux, de Palettes : Chardin, la saveur de l’immobile de Alain Jaubert et Les Copistes du Louvre de François Lévy-Kuentz.

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Edité par après production (en vente sur le site)

Prix de vente : 20 €

:: 28/12/2015 -

L’éditeur Capricci a rassemblé dans un coffret les films d’André S. Labarthe sur la danseuse et chorégraphe Carolyn Carlson. Après le film Solo réalisé en 1984 et portant sur la fameuse création Blue Lady, Labarthe interroge vingt cinq plus tard cette pièce à travers une nouvelle interprétation. Les deux films réunis donnent à penser sur la réappropriation d’une oeuvre, tant par le filmeur que par son personnage. En bonus, une improvisation de la chorégraphe avec le musicien Michel Portal.
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Sortie le 3 novembre 2015, 22 €
Editions Capricci

Et pour le lancement, rdv le 10 décembre à 18h30 à la boutique Potemkine Paris 10ème. En présence d’André S. Labarthe.

:: 06/11/2015 -

Qui était Andy Warhol ? Un génie, un artiste majeur du XXe siècle, un charlatan, un manipulateur ? Un portrait fouillé du pape du Pop art, disparu en 1987. Les deux volets de cette biographie (soit 4 heures de film) sont réunis dans un coffret DVD édité par Arte Editions. En vente à partir du 13 octobre 2015.

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:: 11/10/2015 -

Un portrait mosaïque de Guy de Cointet (1934-1983) composé d’interviews d’artistes et de documents recueillis au cours d’une enquête menée sur dix ans par Marie de Brugerolle, qui apporte un éclairage nouveau sur la scène artistique de la Côte Ouest des États-Unis.

Plus d’infos par ici


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:: 24/02/2015 -

La 33ème édition du Festival international du film sur l’art de Montréal se déroulera du 19 au 29 mars 2015.

Programme complet à venir

 

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:: 24/02/2015 -

SensoProjekt on Vimeo.

:: 22/10/2014 -

Projection du film « !WAR » de Lynn Hershman Leeson présentée par SensoProjekt au MAC/VAL à Vitry-sur-Seine le 3 juin 2014

Petit commentaire subjectif et parcellaire
Isabelle de Visscher-Lemaître

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Le documentaire !W.A.R. est au fond une galerie de portraits donnant la parole à quelques cinquante artistes et une palette d’historiennes de l’art qui au fur et à mesure rendent compte de la profondeur du déni qui existe à l’égard des femmes artistes et du soulèvement qu’a provoqué le mouvement féministe en art dès la fin des années 1960, en son immense liberté de parole et son radicalisme socio-politique virulent. Dans ce film, il est donné la parole à un seul homme, c’est Mike Kelley. Quoiqu’il faille aussi mentionné l’intervention de Howard Fox, ex-conservateur au LACMA. C’est un parti-pris. Ce seul point a toute son importance. … suite >>

:: 10/09/2014 -


La 13è édition du Festival du Film sur l’Art à l’Iselp (Institut Supérieur pour l’Etude du Langage Plastique) à Bruxelles s’est clos dimanche 20 octobre. Parmi les 14 films présentés au public, le film Rain d’Olivia Rochette et Gerard-Jan Claes, film autour d’une chorégraphie de Anne Teresa De Keersmaeker a remporté le Prix du Film sur l’Art, le Prix Découverte revient à Blaise D’Haese pour le film au sujet de son père le sculpteur Reinhoud, et le prix du Centre du Film sur l’Art à Anna Brzezinska pour son film I want (no) reality. Needcompany on life and art. La remise officielle des prix aura lieu en janvier 2014 suivie d’une projection des deux premiers films.

Trois mots sur le festival, par Adrien Grimmeau, organisateur du festival

Un festival de film sur l’art : pourquoi et comment ?
Le but initial était de donner aux étudiants une autre vision de l’art contemporain en leur montrant des films sur l’art. C’était assez confidentiel, mais c’était aussi un moyen d’attirer des nouveaux membres vers l’Iselp pour leur faire découvrir les autres activités programmées dans nos murs.
Je me suis rendu compte assez vite que le principal intérêt était de montrer des choses difficilement visibles ailleurs. On a alors amorcé un véritable travail de prospection, comme un vrai festival ! Et en parallèle, pour motiver notre appel à film, on a mis en place un système de prix. C’est donc la 2è édition cette année qu’on donne 2 prix, Prix Découverte pour des jeunes cinéastes et des étudiants et le Prix du film sur l’art. Et depuis cette année Le Centre du Film sur l’Art a décidé aussi d’accompagner cette démarche en décernant lui aussi un prix.
Les critères de sélection
Il y en a trois. Il faut que tous les films datent de 2012 ou 2013 mais Juillet 2013, qu’ils aient un lien avec la Belgique (soit une production ou une co production belge, soit un film étranger qui parle d’un aspect de l’art belge). Et bien entendu, ce doit être un documentaire sur l’art.
Pas de films expérimentaux… ?
Alors, là se pose la question des frontières entre le film documentaire et le film de création. Où est la démarche documentaire et où le film devient-il vraiment expérimental ? Pour le film Ascèse, par exemple, on peut hésiter sur le fait que c’est un film sur l’art. il faut savoir que l’Iselp n’est pas dans le milieu du cinéma donc on a des critères qui sont différents. Quand j’hésite, je me resserre sur les critères de l’institut qui sont de présenter l’art contemporain. Et pour moi un film comme Ascèse entretient un lien avec le fait de présenter une démarche artistique qui est la captation de sons et le cheminement dans la jungle pour enregistrer des sons. Tout parle d’une démarche artistique qui n’est pas celle du cinéaste. Ensuite, le film est la rencontre entre la démarche artistique du cinéaste et celle de l’ingénieur du son. Le public aura pris conscience du travail sur le son même s’il n’en sait pas plus sur le preneur de son. Le film se nourrit de cette matière. J’ai envie de montrer un film plus risqué dans sa démarche parce que l’Iselp a aussi cette vocation là. On pourrait résumer les critères de sélection à cette question : Comment la démarche d’un artiste rencontre la démarche d’un sujet artistique ?
Nouvelle collaboration avec le Centre du Film sur l’Art :
Cette année on a travaillé étroitement sur la mise en place de la programmation. Et l’année prochaine, nous serons, Sarah Pialeprat, directrice du Centre du Film sur l’Art, et moi même co-responsables de la sélection et des programmes. Pour l’édition 2013, Sarah a accompli un travail considérable de prospection car elle possède un réseau que je ne possède pas ici dans le milieu de l’art contemporain. Elle a notamment visionné les films de fin d’études des écoles de cinéma, ce qui représente un vivier auquel je n’ai pas forcément accès. Et grâce au réseau du Centre, l’appel à film a pu être deux fois plus étendu. Au rang des partenaires, on est très fiers d’ajouter cette année l’antenne belge de la Scam, qui a financé le Prix Découverte. Une collaboration qui projette également ce festival dans une dimension de plus en plus professionnelle.

Programme et palmarès complet du festival

:: 25/10/2013 -

A propos du film Wifredo Lam et les poètes

 Interview de Barbro Schultz-Lundestam 

SensoProjekt : D’où part l’idée de faire un film sur Wifredo Lam ?

Barbro Schultz-Ludenstam : Ce film est en fait la continuité d’une commande qui m’avait été passée par la famille de Wifredo Lam. Il m’ont demandé de faire un court film sur les œuvres gravées de Wifredo Lam, ainsi que  sur de nouvelles impressions issues de plaques gravées retrouvées trente ans plus tard par le maître graveur  Giorgio Upiglio, dans son l’atelier Grafica Uno à Milan. Par la suite, en 2003-2004, la famille de Wifredo Lam  séduite par le film m’a demandé de réaliser un moyen métrage.

SP : Pourquoi avoir choisi le thème de la poésie et donc de la gravure chez Lam, illustrations des textes poétiques ?

B.S.L. : Comme on le sait, Wifredo avait une relation très privilégiée avec les poètes et  les écrivains. Sa rencontre avec Upiglio au début des années soixante, inaugurait une période d’intense créativité. W. Lam a réalisé à cette époque plusieurs portfolios de grands formats en collaboration avec par exemple Gherasim Luca, René Char, Aimé Césaire et Antonin Artaud. Ce sont ces liens d’amitiés que j’ai trouvé dans les archives très fécondes en photographies et en film aussi ; des films que Wifredo tournait lui-même lors de ses voyages et qu’il gardait comme documentation personnelle. Mais le témoignage vivant reste important aujourd’hui puisque j’ai pu interviewer des poètes tels qu’Alain Jouffroy et Jean-Dominique Rey.

SP : D’ailleurs, il y a beaucoup d’intervenants dans ce documentaire qui compte des entretiens de critiques d’art et  d’artistes français et étrangers. Comment s’est opéré le choix de ces témoignages ?

B.S.L. : Chaque intervenant offrait selon moi une vision singulière de l’œuvre de W. Lam, des points de vue en outre très complémentaires. Evidemment les poètes qui avaient collaboré avec lui en dessinaient un portrait plus intime. La conservatrice du Musée de gravures de Gravelines découvrait juste le travail de W. Lam qu’elle devait exposer dans les mois qui suivaient le tournage. Cette fraîcheur de regard nourri d’un nouvel enthousiasme complétait bien les propos de Catherine David, historienne de l’art dont la thèse portait sur l’œuvre de Lam. Le point de vue de l’historienne de l’art Lowery Stokes Sims, la directrice du Studio Museum in Harlem, apportait une vision outre atlantique et le présentait comme un peintre africain. Enfin, j’ai eu l’idée d’interviewer le poète et critique  d’art américano-chinois John Yau, dont l’article paru dans Art Magazine 1988, sur la comparaison  Lam/Picasso m’avait impressionné. Avec lui, on abordait d’une façon éminemment subtile la problématique des sources ethnique dans le travail de W. Lam à l’époque surréaliste. Avec sa culture chinoise, John Yau livrait un regard inédit ni américain, ni européen.

SP : En voix off, vous faites parler l’artiste quand il s’agit de raconter des épisodes de sa vie. De qui sont ces textes, de Lam lui-même ou bien écrits pour la circonstance ?

B.S.L. : Ce sont effectivement des textes de W. Lam. Ils sont assez méconnus et proviennent d’un grand livre publié par Zervos, où alternent les photographies, des textes de Lam et d’autres artistes et intellectuels ainsi que des dessins et photos.  J’aimais beaucoup de le sens poétique de ces textes aussi je n’ai pas hésité à les exploiter dans le film, d’autant qu’il existe très peu d’interviews filmé de l’artiste. Je n’avais donc pas de témoignage par sa voix. Je sais qu’il existe un court film de la télévision italienne où il parle mais je n’ai pas réussi à trouver les ayants droits pour utiliser cette archive. Le film est d’autre part de très mauvaise qualité pour être correctement diffusé.

SP : Ce film, même s’il se concentre sur la relation de Lam avec les poètes, balaie largement la carrière et la vie de l’artiste. Pourquoi avoir choisi cette  dimension biographique pour présenter une particularité de son œuvre ?

B.S.L. : Lorsque j’ai commencé les recherches sur l’artiste, le catalogue raisonné de son œuvre en était à ses balbutiements. Il restait un artiste assez méconnu et parler de sa vie me paraissait incontournable pour faire comprendre cette place prépondérante du poète dans l’œuvre et la vie de Lam. Si le film était à refaire, je chercherais sûrement des angles plus larges et m’écarterais du déroulement chronologique. La première partie du film est sûrement trop axée sur l’aspect biographique. Le commentaire de l’œuvre n’intervient qu’à partir de la présentation du tableau La Jungle. Je crois que je voudrais aujourd’hui renverser cette logique et ouvrir de plus larges phases d’analyse.

Paris, le 1er mai 2013

Film :  54’, sevendoc production, Collection « Phares », 2011

:: 03/06/2013 -

Paroles d’artistes – TALK RADIO *

Colloque international organisé par Jean-Pierre Criqui, responsable du service de la Parole au Centre Pompidou (Paris) et rédacteur en chef des Cahiers du MNAM et Annie Clausters, conseiller scientifique en histoire de l’art contemporain (xxe/xxie siècles) à l’INHA (Paris).

Compte-rendu par Isabelle de Visscher-Lemaître

* expression reprise à une œuvre d’Ed Ruscha, 1987 – affiche du colloque

Programme complet du colloque

Ce colloque constitué d’une palette d’intéressantes personnalités portait sur le document audio-phonique enregistré avec des artistes mais il abordait aussi la question de l’interview filmé. Je retiens tout particulièrement à ce propos l’intervention de Catherine Gonnard (F) et celle d’Adam Harrison Levy (GB-USA) dont je vous propose ci-après un compte-rendu. Disons que dans l’ensemble, il s’agissait d’évaluer l’importance de l’archive enregistrée et de son apport à la critique d’art comme à l’histoire de l’art, à termes. Quelle que soit l’exactitude des propos tenus, remise dans son contexte, elle renseigne sur une multitude d’événements qui ont constitué l’artiste, sur un savoir éventuellement enfoui, sur ses rapports aux événements contextuels et sur ses positions à l’égard de ce qui l’entoure voire ses contradictions qui peuvent aussi être une riche source d’information pour interpréter l’œuvre. Ce matériel encore assez peu défriché intéresse de plus en plus les chercheurs et théoriciens. Il était donc passionnant de faire le point sur cette question : les paroles d’artistes orales, leur comment et leur pourquoi.

Catherine Gonnard, historienne de l’art et documentaliste à l’INA – Institut national de l’audiovisuel (Paris) – nous a introduit à l’immensité des heures enregistrées et numérisées provenant du fond de l’ancien ORTF (Office de la radio-télévision française) devenu France télévisions et Radio France. Il y a à ce jour plus d’un million d’heures archivées par l’INA qui a d’ailleurs unifié depuis un an les sources télévisuelles et radiophoniques. L’on pratique très tôt l’entretien avec des artistes ou des écrivains que l’on appelait « causerie » aux débuts, et qui pouvait être assez long et très suivi. Tandis qu’en TV, l’on procède à l’interview nettement plus court car trop de plans fixes ne sont pas autorisés en TV. L’on pense à l’entretien de Jean Renoir avec Jacques Rivette (Cinéastes de notre temps, 1961), les Antimémoires improvisées avec André Malraux (1967), Les lieux de Marguerite Duras par Michelle Porte (1976), les Archives du XXe siècle en général (1969-74), L’art et les hommes à partir de 1965. Mais Catherine Gonnard se concentrera surtout pour cet exposé sur quelques entretiens réalisés avec des femmes artistes. Ils se font rares jusque dans les années 1970 en plus que l’on ne s’adresse pas souvent à elles dans les meilleures conditions, ni avec la meilleure considération. Ce que Catherine Gonnard relève en projetant des extraits d’entretiens filmés avec Germaine Richier, puis Sonia Delaunay est ébahissant à ce propos. La condescendance, la mésestime ou la simple ignorance quant à leurs œuvres sont frappantes. Quand Germaine Richier est filmée par Henri Verneuil pour le programme L’art et la vie en 1957, elle est déjà internationalement connue. La polémique qu’a soulevé son Christ (1950) pour l’Eglise d’Assy s’est calmée. Et on la sent devoir tenter de dévier les questions simplistes pour parler de son art, de sa pratique de sculpteure. Quant à Sonia Delaunay, ce n’est qu’en 1967 qu’elle est enregistrée sur son propre travail. Avant cela, elle est filmée pour parler de Guillaume Apollinaire, de son mari Robert Delaunay, du Douanier Rousseau. En 1968, elle participe à l’émission Quatre temps. Elle est malicieusement interviewée par Jacques Dutronc ! En 1976 (elle a 90 ans), l’émission Zig-zag diffusera le premier ample entretien filmé et réalisé par Teri Wehn Damisch.

Cette présentation était éblouissante de révélation sur l’apport évident de ces documents filmés avec les artistes quant à la matière esthétique mais aussi sociale et anthropologique.

Adam Harrison Levy, écrivain et producteur de films documentaires, enseignant à la School for Visual Arts (NY) nous a pour sa part relaté la commande privée qu’il a reçue pour le web d’un bref entretien avec Tracey Emin lors de son intervention à Times Square le 13 février 2013, jour de la Saint Valentin. Pour étayer son propos, il a fait quelques détours riches d’enseignement dans l’histoire de l’entretien filmé. L’on se souvient de Tracey Emin, cette artiste anglaise qui avait justement remballé les personnes sur le plateau lors d’un entretien en direct avec la BBC (1997). Elle est l’auteur d’une œuvre crue et directe sur sa vie sexuelle, sa vie privée et ses tumultes. Elle est nominée pour le Turner Prize en 1999 – où elle montre son véritable lit aux draps souillés entouré de préservatifs usagés. Assez provocatrice, elle fait figure de personnage peu facile à rencontrer. C’est donc un défi que d’obtenir d’elle une capture vidéo parlante. Le grand exemple de témoignage oral de qualité fait avec rigueur et de façon informelle en langue anglaise, c’est David Sylvester qui s’entretient avec Francis Bacon – neuf émissions allant de 1962 à 1986 pour la BBC Radio. Sylvester va et vient sur le même sujet étant la copie par Bacon du Pape Innocent X de Velasquez. Il en arrive à évoquer une possible relation entre le Pape et la figure du père chez Bacon. Et l’on soulève en effet le versant d’une relation difficile de Bacon à son père. C’est évoqué. C’est important. Sylvester ne va pas plus loin. La biographie et les interprétations ultérieures donneront la suite voulue à ces informations. … suite >>

:: 28/04/2013 -

A la suite de la projection du film « Documenta V » de Jef Cornélis à La Maison des Ensemble le 29 mars dernier, nous publions la présentation et l’analyse de Patrick Javault, critique d’art.

C’est à partir de la Documenta 5, ou Documenta 1972 ou Documenta de Szeemann que cette grande et ambitieuse manifestation consacrée à l’origine (1955) à l’art moderne du XX ème siècle, puis au fil des années exclusivement à l’art contemporain (1968) devient la plus grande exposition d’art contemporain. Cela tient aux moyens mis en place, au choix d’un commissaire général reconnu et parfois prestigieux, et à l’inscription des œuvres dans la ville, certaines d’entre elles (rares) y étant installées de façon pérenne. Nul doute que la périodicité (d’abord tous les quatre ans puis à partir de la 5, tous les cinq ans) compte aussi dans l’importance que l’on accorde à l’événement. Ces cinq ans de réflexion l’emportent sur les Biennale et les Triennale et l’on suppose que les concepteurs de Documenta (car il y a toujours une équipe ou des collaborateurs, et Jan Hoet, digne héritier de Szeemann, renoue aussi avec l’esprit de Documenta 5 en s’adjoignant deux commissaires associés officiels) auront eu dans cet intervalle le temps d’avoir une connaissance plus approfondie des différents mondes artistiques qui composent la scène contemporaine.

Le mythe de Documenta 5 s’est édifié en quelques années, disons en un peu moins d’une décennie, à mesure que le bouillonnement artistique des années 60 et 70 gagnait une reconnaissance internationale (internationale veut dire alors un monde de l’art qui se limite à une demi-douzaine de pays, ceux qui disposent d’un marché de l’art et de grands musées), et on a un peu oublié que Harald Szeemann et son équipe de collaborateurs avaient été à l’époque très critiqués. Fort de la réussite artistique de « When Attitues Become Forms », grande exposition réalisée à la Kunsthalle de Berne et dans la ville de Berne avec tous les futurs grands noms de l’art et représentants des principaux mouvements artistiques (Art conceptuel, Art post- minimal, Arte povera…), Szeeman n’avait pas encore acquis son modèle de visionnaire et de modèle des curators. W.A.B.F. avait été précédée d’autres expositions (dont « Op losse schroeven » à Amsterdam), mais la grande idée et la grande force de Szeemann est d’avoir conçu l’exposition comme un processus de réflexion et d’élaboration avec les artistes, et d’avoir fait exploser les limites de ce que l’on commence à nommer le White Cube. La grande affaire de Documenta, telle qu’on peut la reconstituer d’après le catalogue et d’après des témoignages, c’est une interrogation sur la réalité qui embrasse les mouvements artistiques déjà promus par Szeemann à Berne, et qui comprend naturellement installations, œuvres in situ et performances, mais auxquels sont adjoints l’Hyperréalisme, mouvement naissant, héritier du Pop, auquel on promet plus ou moins le même succès, et également des œuvres réalisées par des schizophrènes (et qui n’ont pas toutes reçues le label Art Brut), des objets Kitsch. L’art contemporain se trouve ainsi confronté à son Autre ou plutôt à ses Autres. La Documenta 5, c’est donc d’abord l’unique confrontation de l’Art Conceptuel au sens large, un art qui entend faire bouger la société en secouant les frontières de l’art et en remettant en cause notamment le rôle de l’institutions muséale, et de l’art Hyperréaliste, politique dans le cas de Duane Hanson (sculpteur qui se réclame de la peinture et de la photographie) mais qui dans l’ensemble propose une vision désenchantée de la peinture et du rôle de l’artiste attaché à un rendu fidèle d’une réalité triviale en imitant la photographie.
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:: 08/04/2013 -

Brève réflexion à propos de l’œuvre et du film « Georges Mathieu ou la fureur d’être »
Par  Marie-Laure Lapeyrere et Isabelle de Visscher-Lemaître
(présentation à la Maison des Ensembles – le 22 février 2013)

Maire-Laure Lapeyrere : Le film réalisé par Frédéric Rossif, Georges Mathieu ou la fureur d’être tente de montrer certains aspects les plus emblématiques de la peinture de l’artiste : l’importance du mouvement et de la vitesse d’exécution soulignant une certaine dimension spectaculaire de sa peinture, mais aussi l’abstraction du signe et la taille des toiles qui avec la fulgurance de la réalisation constituent aux yeux de l’histoire de l’art les acquis picturaux de cette œuvre.

Isabelle de Visscher-Lemaître : Le film relate par petites touches quelques éléments de sa biographie, évoque ses voyages, souligne ses accointances avec le Japon (par la scène des judokas se produisant pendant qu’il peint notamment). Et place dans le scénario un retour régulier sur le principe de la page blanche qui fait la bascule entre     « le film qui raconte » et « le film qui va montrer » l’acte de peinture en direct et en toute frontalité.

MLL : Revendiquant un statut à part, qui ne serait ni un portrait d’artiste, ni un documentaire sur l’art, Georges Mathieu ou la fureur d’être réalisé à l’été 1971 semble pourtant s’inscrire dans la lignée des films sur l’art ayant l’ambition d’approcher au plus près le geste créateur. La caméra s’attache à enregistrer l’artiste dans cet acte pictural qu’il a souvent rendu public, et c’est ainsi que – outre l’ouverture et la scène des judokas – l’on y voit Georges Mathieu peindre deux toiles que sont L’Élection de Charles Quint, et La Nécessité de l’espérance en parallèle à l’improvisation aux percussions et musique électronique de Vangelis … … suite >>

:: 07/04/2013 -

Les Editions Capricci ont le plaisir d’annoncer la sortie en DVD de La Danse au travail vue par André S. Labarthe, un coffret de 3 dvd présentant 5 films-et donc 5 portraits de, excusez du peu, Sylvie Guillem, William Forsythe, Patrick Dupond, Ushio Amagatsu, John Neumeier.
2012, 28 €
Editions Capricci

:: 18/03/2013 -