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Méconnu en France, le festival de cinéma Doku Arts vient pourtant de refermer sa 10ème édition le 23 octobre dernier. Durant trois semaines, le public était chaque soir convié à deux projections dans la grande salle du Zeughaus Kino rattaché au Deutsches Historisches Museum à Berlin. La sélection, sans compétition, rassemblait au total vingt cinq films issus de quinze pays différents, avec la présence de la plupart des réalisateurs invités à rencontrer le public. Si le nom du festival, Doku Arts, évoque d’emblée une filiation avec le documentaire sur l’art, la proposition reste néanmoins plus ouverte. Le documentaire prend dans ce contexte valeur d’essai cinématographique, une sélection rigoureuse qui questionne les enjeux formels de la production actuelle. Le cinéma documentaire comme expérience esthétique, voici bien ce qu’Andreas Lewin, fondateur et directeur du festival, et lui-même réalisateur, initie dès le départ en partenariat avec l’Ecole des Beaux-Arts de Berlin en 2006. Puis le festival prend ses quartiers pendant quatre ans au musée du cinéma à Amsterdam, The Eye, où il profite du rayonnement de l’institution et du célèbre festival IDFA (International Documentary Festival of Amsterdam). A nouveau berlinoise en 2012, la manifestation accueillie par le Zeughaus s’enrichie d’un deuxième événement cette fois réservée aux professionnels, le Symposium International, vaste terrain de réflexion dédié aux potentiels croisements Art, Science et Philosophie. Pour l’édition 2016, le programme proposé convoquait l’essai filmique contemporain sous le spectre très large de la migration des populations, de la littérature, de l’(auto)biographie et de la mémoire. Des photos de Koudelka sur la construction du mur en Israël (Koudelka Shooting Holy Land de Gilad Baram) jusqu’à l’analyse du cinéma de Samuel Beckett (Notfilm de Ross Lipman), le film sur l’art polarise ainsi ces thématiques avec en sélection pas moins de dix productions récentes. Et même si ces documentaires montrés en « première allemande » bénéficient déjà d’une renommée appréciable en festivals, la qualité des discussions après les projections révélait un engagement solide vis-à-vis de la création filmique aujourd’hui.

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