« L’idée d’honorer le nord »

Vidéopoème dans le sillon de Glenn Gould

Producteur de la bande son : RTBF/Thierry Genicot

Producteur du montage visuel : Yves Bernard @ iMal

Cette émission radiophonique a été diffusée sur RTBF Radio 1 (02/2002) et Radio 3 (07/2002). Une version scénique comprenant cette vidéo a été présentée au Théâtre Poème à Bruxelles le 16/02/2002.

« L’auteur fait largement usage de citations, visuelles et sonores ; le poème est écrit comme un documentaire-fiction à partir d’œuvres qui font office de stimuli : celle de Glenn Gould tout d’abord, dont les textes à propos de son émission The idea of North ont déclenché ce projet – qui s’en écarte totalement. Toutes les citations sont repérables mais font partie de la pâte de l’œuvre. Que soient remerciés ici tous les artistes qui nous ont inspiré. Sans eux ce genre de projet ne saurait voir le jour. » AG

Extraits sur Alain GeronneZ tirés de son livre-catalogue Ex-positions / exhibitions, Bruxelles, Keepsake et les auteurs, Thierry De Duve, Renaud Huberlant, Alain GeronneZ, 1998

« Et pour le voir en entier et en relief, ce portrait en fragments {d’Alain GéronneZ}, il faut avoir comme l’artiste un œil dans le rouge des lunettes anaglyphes et l’autre dans le vert, un œil sur le monde de l’art et l’autre sur le monde tout court, et une oreille dans les deux mondes attentive aux idéologies et aux politiques qui prétendent faire loi. On entend alors l’artiste chuchoter, pudique, qu’à un moment donné il lui est devenu difficile de continuer à considérer l’art comme pur jeu autoréférentiel, « même si l’art seul me fait supporter l’humain ». {… …} Il parle volontiers de peinture, il s’y réfère souvent, il la commente parfois, il se fait du souci pour elle mais il n’en fait pas. Il dit avoir des patiences plus picturales, plus végétales qu’humaines, et déclare en bon écologiste ne pas savoir qui, des plantes ou de la peinture, est menacée de disparaître en premier. Il parle du North comme de la plus picturale de ses expositions – et c’est assurément la plus verte -, mais l’exposition ne contenait que des photos. À coup sûr, là est son plus grand talent : GéronneZ est un superbe photographe. Sa Démission photographique dans les rues de Bruxelles est digne d’un flâneur – mais non baudelairien – animé d’une tendresse cruelle pour sa ville. Chaque époque a ses correspondances, et celles que traque GéronneZ sont toujours formelles avant d’être littéraires et subtilement politiques avant d’être poétiques. L’attention va simultanément aux quatre coins de la surface saisie par son viseur. Le résultat est du meilleur Friedlander qui aurait pris une leçon de simplicité dans les photos d’architecture de Dan Graham. » Extraits de Thierry De Duve, Portrait de l’artiste en anaglyphe … suite >>

:: - 10/09/2014 - sans commentaires -

extrait from SensoProjekt on Vimeo.

2000 m2 and a garden
Réal. : Tama Tobias-Macht
Allemagne, 2012, 40 min

Dans une magnifique demeure située aux abords de Cologne, nous allons à la rencontre deux femmes collectionneuses d’art. Par le prisme d’un regard calme et patient, le film nous invite à naviguer sur une ligne de partage entre l’intimité du quotidien et la majesté du luxe et de l’art. Une vision ambivalente servie par une mise en scène étudiée.

Entretien avec Tama Tobias-Macht, réalisatrice

Vous avez tout dabord étudié la photographie, comment êtes-vous arrivée à la réalisation de films ?
Je suis partie d’Israël pour Cologne quand j’avais 19 ans. Ce changement était un véritable un choc culturel. Depuis lors, je n’ai cessé de m’intéresser à la question du « pays natal ». Par instinct, j’ai commencé à relier l’idée de la maison, du territoire privée à celle du lieu d’origine, où l’on est né. De là s’est développé un processus de réflexion qui traverse mon travail photographique et filmique. A chaque rencontre, je me suis attardée sur la personne et son environnement, son voisinage, sa ville, son pays. Je suis retournée quelques temps en Israël où j’ai étudié la photographie, et à mon second retour en Allemagne, je me suis professionnalisée en tant qu’assistante photo de grands photographes tels que Thomas Rhiele. C’est à ce moment là que mon intérêt s’est porté sur la photographie d’architecture, très en vogue en Allemagne et que mon travail a évolué vers l’image animée. Ma réflexion repose ainsi sur la combinaison d’une pratique filmique et photographique et d’un sujet, la ville et celui qui l’habite. … suite >>

:: - 11/04/2014 - sans commentaires -

Mainstream from SensoProjekt on Vimeo.

Titre : Mainstream
Realisation : Anna Marziano
Production : Ateliers Varan
25 min, 2009, France

Entretien avec Anna Marziano

SensoProjekt : Le film Mainstream a été réalisé à l’issue d’une formation à Paris aux Ateliers Varan*. Pourquoi avoir choisi de faire un film sur un artiste ? Quels étaient les enjeux d’un tel sujet au regard de votre apprentissage ?
Anna Marziano : « Mainstream » est mon tout premier film. Son sujet touche à la dimension éthique de l’acte artistique, une réflexion dont je me sentais proche en tant que « jeune » réalisatrice. Je me suis donc interrogée sur la réception de l’art par le public et sur les dynamiques et les conséquences du fonctionnement du marché de l’art. A mon sens, une partie importante de la production d’art contemporain se définit par des considérations exclusivement plastiques et au détriment de la pratique artistique elle-même. Il ne s’agissait donc pas de réaliser un film sur un artiste mais plutôt de questionner les processus de création en tant que tels (celui d’autrui autant que le mien) et dans le rapport qu’ils entretiennent avec la société. … suite >>

:: - 04/02/2013 - sans commentaires -

Titre : « Un espace de l’art ? »

Real. : Robert Milin, 2011, 104′

Production : Gilles Couderc & David Clougher

Edition DVD : Après Editions ( www.apres-production.com )

Entretien avec Robert Milin

Vous avez réalisé un film documentaire dans le cadre d’une résidence à Saint Denis. Il semble substituer le projet initial, à savoir une sculpture insérée dans l’espace public. Pourriez-vous nous parler des raisons de l’abandon de ce premier projet et des motivations de ce film ?
En 2010 je suis arrivé à Saint Rémy, quartier difficile à Saint Denis, dans le 93 pour une résidence de deux ans dans un appartement situé au 9e étage dune barre HLM. Je voulais alors y installer une œuvre dans l’espace public. Mais le trafic de drogue au pied des immeubles m’en a empêché: trop de violence. J’ai alors décidé de réaliser une œuvre, seulement visible dans mon appartement, tout là haut, au 9ème étage du bâtiment. J’ai calfeutré, voire même «protégé» par de grands rouleaux de carton, une pièce du logement où j’habitais. A l’intérieur de cette sculpture-abri j’ai installé du son: j’avais demandé à des habitants du quartier de me décrire oralement un lieu, un paysage où ils se sentiraient bien, à Saint Denis ou ailleurs. Cette description paysagère par des voix murmurées dans un espace en rouleaux de carton, les protégeant d’une violence extérieure, venait en contrepoint d’un espace public délabré. Le public, les voisins sont venus, pas en grand nombre mais ils se sont déplacés.
Des questions me sont alors venues sur le sens de l’art dans ce contexte de violence. Elles se sont posaient aussi en réaction à certains propos cyniques de collègues artistes sur la raison de mon engagement, et au discours de fonctionnaires et de médiateurs locaux sur la nécessité de créer du lien social. Je n’en pouvais plus du cynisme du marché de l’art comme de l’opportunisme technico-politique… Pour moi l’art n’est pas là pour créer du lien social du moins pas plus que la boulangerie du quartier ou le foyer socio-culturel de la cité. L’art n’a pas cette finalité et il faut se déprendre de tels mots. Je crois même que l’art créé fatalement du dissensus. Aussi ai-je voulu partager mon interrogation sur la raison de l’art ici en organisant un dialogue en face à face avec des artistes, des intellectuels, des élus politiques…

Ce film documente sur votre travail. En quoi fait-il partie intégrante de votre proposition artistique ?
Je pense que beaucoup d’artistes ont écrit sur leurs œuvres non pas pour communiquer sur elles mais pour réfléchir sur ce qu’ils ont produit, pour faire le point sur leur pratique. Je ne fais pas ici une œuvre d’art-plastique habituelle. Je réalise un travail de pensée qui est complémentaire de mon travail habituel d’artiste. Cette production s’inscrit dans le champ de l’art comme le feraient des écrits d’artistes. Elle me permet de m’interroger sur ma pratique comme sur celle des autres. Il en va ainsi, par exemple, des longs développements du chapitre art, forme, processus, dans lequel j’aborde la question des formes pures. Si on doit lui doit lui donner une appellation disons qu’il s’agit d’un documentaire d’artiste. … suite >>

:: - 22/09/2012 - sans commentaires -

Titre : Les sept saisons. Cécile Bart.

Réal. : Nathalie David / 25′/ 2001

Entretien avec Nathalie David

Pourquoi avez-vous choisi de filmer l’artiste Cécile Bart ?
En général, ce sont les artistes ou les musées qui me commandent un film. Dans le cas du film « Les sept saisons », c’est donc Cécile Bart elle-même qui m’a sollicitée. Je connais bien son travail puisque je l’ai assistée il y a quelques années lors de sa résidence à la Villa Arson. Je suis très sensible à sa démarche et j’apprécie beaucoup Cécile humainement. Deux bonnes raisons d’accepter la commande ! … suite >>

:: - 30/05/2012 - sans commentaires -