A propos du film « Long Shot, Close Up – Andreas Gursky », de Jan Schmidt-Jarre

Projection le 28 novembre à la Maison des Ensembles, en présence du philosophe Jacinto Lageira

gurskyAndreas Gursky (1955, Leipzig) est ce grand photographe allemand qui compte parmi les tenants du réalisme photographique. Elève de la fameuse Ecole de Düsseldorf, et de Bernd et Hilla Becher en particulier, il développe dès 1980 des images au format vertigineux et aux sujets de société tantôt de foule, tantôt de plans architecturaux immenses. A partir de 1990, il utilise l’outil numérique et il affine dans la précision qu’il donne à chaque composante de l’image. Ses amples compositions où figurent usines, magasins, immeubles, scènes de foule sont marquées par la répétition de motifs horizontaux jusqu’à devenir des images abstraites. L’une de ses créations récentes s’intitule «Hamm, Bergwerk Ost», du nom d’une des dernières mines encore exploitées outre-Rhin. La réalisation et la fabrication de cette œuvre magistrale constitue le fil rouge du documentaire réalisé par Jan Garre-Schmidt et intitulé « Long Shot, Close Up » (2009) traduit « La photo globalise le monde ».

Jan Schmidt-Garre (1962, Munich) qui a étudié la philosophie, le cinéma et la musique (chef d’orchestre) réalise du documentaire. Il a monté sa boite de production PARS MEDIA en 1988. Celle-ci est désormais célèbre pour ses remarquables réalisations en musique et en art dont, je cite, les films sur Bruckner, Chopin, Gubaidolina ainsi qu’Olafur Eliasson, John Baldessari – nombre d’entre eux étant édités en DVD chez ARTHAUS Musik (Berlin).

Jacinto Lageira (1962, Portugal) enseigne l’esthétique et la théorie de l’art à l’Université Paris 1-Sorbonne. Pétri de philosophie esthétique, de psychanalyse et de sémiotique, il s’est très tôt intéressé à la photographie. Il a notamment publié sur Jean-Marc Bustamante (Actes Sud, 2011), Michael Snow (Presses du réel, 2011), Claire Chevrier (Musée des B.A de Nantes, 2009), Joseph Kosuth (Ed. du Musée du Louvre, 2010), Jordi Colomer (Gal. Nationale du Jeu de Paume, 2008), entre autres. Il a aussi élaboré une pensée théorique parue dans les ouvrages suivants : La déréalisation du monde. Fiction et réalité en conflit (Jacqueline Chambon, 2010) ; L’esthétique traversée. Psychanalyse, sémiotique et phénoménologie à l’œuvre (La Lettre volée, 2007). Il a dirigé l’ouvrage collectif suivant : Du mot à l’image & du son au motThéorie, manifeste, documents : une anthologie de 1887 à 2005 (Le mot et le reste, 2005). Son dernier essai intitulé Regard oblique (La Lettre volée, 2014) porte sur la perception.