« L’idée d’honorer le nord »

Vidéopoème dans le sillon de Glenn Gould

Producteur de la bande son : RTBF/Thierry Genicot

Producteur du montage visuel : Yves Bernard @ iMal

Cette émission radiophonique a été diffusée sur RTBF Radio 1 (02/2002) et Radio 3 (07/2002). Une version scénique comprenant cette vidéo a été présentée au Théâtre Poème à Bruxelles le 16/02/2002.

« L’auteur fait largement usage de citations, visuelles et sonores ; le poème est écrit comme un documentaire-fiction à partir d’œuvres qui font office de stimuli : celle de Glenn Gould tout d’abord, dont les textes à propos de son émission The idea of North ont déclenché ce projet – qui s’en écarte totalement. Toutes les citations sont repérables mais font partie de la pâte de l’œuvre. Que soient remerciés ici tous les artistes qui nous ont inspiré. Sans eux ce genre de projet ne saurait voir le jour. » AG 

« Je ne savais rien de l’émission radio de Glenn Gould L’idée du Nord (The Idea of North) jusqu’au moment où j’ai lu un texte de… Glenn Goud lui-même dans ses écrits, rassemblés par Bruno Monsaingeon. Je me mis alors à la recherche d’une copie de cette émission, pour pouvoir l’écouter. Las, même au service culturel de l’ambassade du Canada, personne ne put me la procurer.

Traduire / Trahir, disent les italiens (traduttore-traditore). L’impossibilité d’écouter l’émission de Glenn Gould me fit projeter le désir de faire ma propre émission sur le même sujet, taillé pour moi, tout en hornorant Gould au passage… Je ne sais pas s’il aurait été (dés)honoré de mon émission, car j’ai pris pas mal de liberté par rapport à ses goûts musicaux. Non sans espièglerie.

Le Nord de Gould était un Nord humanisé autant qu’idéalisé, le mien fut féerique et inquiet, et déchiré. Quand on n’a qu’une vague idée de quelque chose, du grand nord, comme de l’émission de Gould, on est assez libre de garder ses idées fausses et de tout ré-inventer.

C’est ce que j’ai fait, m’amusant avec le médium de la radio. Puis de la vidéo : il me semblait que sur ces sons du Nord je pouvais glisser des images figées très légèrement dégelées, c’est ce qui a donné le film présenté ce soir.

C’est ce que j’ai fait, m’amusant avec le médium de la radio. Puis de la vidéo : il me semblait que sur ces sons du Nord je pouvais glisser des images figées très légèrement dégelées, c’est ce qui a donné le film présenté ce soir.

L’émission radio n’aurait pu se faire sans les moyens de la radio belge, du producteur Thierry Genicot, de l’ingénieur son Thierry Lequeux, et de toutes la voix qui s’y sont prêtées, le film n’aurait pu se faire sans le soutien d’iMal et la collaboration d’Yves Bernard.

*
à l’occasion d’un anniversaire de la mort de Glenn Gould, ses émissions radio éditées en cds en 1992 ont enfin traversé l’Atlantique : fin 2002, peu après avoir réalisé mon émission, je pus donc me procurer tous ces cds, et découvrir The Solitude Trilogy, dont The Idea of North est le premier volet. Heureusement, je l’ai entendue après. Je préfère le re-nord au remord.

En 2012, à l’occasion d’un autre anniversaire de la mort de Gould, la CBC a publié le coffret Gould on Televison en DVD. Parmi la dizaine de DVDs du coffret, j’ai découvert que l’émission The Idea of North avait elle aussi été transcrite en film par après, juste comme la mienne. Les images ne sont malheureusement pas de Glenn Gould. Le parallélisme est toutefois plus que curieux.

Je vous prie de croire à mon innocence.

Au plaisir, Alain géronnreZ »

 

Extraits sur Alain GeronneZ tirés de son livre-catalogue Ex-positions / exhibitions, Bruxelles, Keepsake et les auteurs, Thierry De Duve, Renaud Huberlant, Alain GeronneZ, 1998

« Et pour le voir en entier et en relief, ce portrait en fragments {d’Alain GéronneZ}, il faut avoir comme l’artiste un œil dans le rouge des lunettes anaglyphes et l’autre dans le vert, un œil sur le monde de l’art et l’autre sur le monde tout court, et une oreille dans les deux mondes attentive aux idéologies et aux politiques qui prétendent faire loi. On entend alors l’artiste chuchoter, pudique, qu’à un moment donné il lui est devenu difficile de continuer à considérer l’art comme pur jeu autoréférentiel, « même si l’art seul me fait supporter l’humain ». {… …} Il parle volontiers de peinture, il s’y réfère souvent, il la commente parfois, il se fait du souci pour elle mais il n’en fait pas. Il dit avoir des patiences plus picturales, plus végétales qu’humaines, et déclare en bon écologiste ne pas savoir qui, des plantes ou de la peinture, est menacée de disparaître en premier. Il parle du North comme de la plus picturale de ses expositions – et c’est assurément la plus verte -, mais l’exposition ne contenait que des photos. À coup sûr, là est son plus grand talent : GéronneZ est un superbe photographe. Sa Démission photographique dans les rues de Bruxelles est digne d’un flâneur – mais non baudelairien – animé d’une tendresse cruelle pour sa ville. Chaque époque a ses correspondances, et celles que traque GéronneZ sont toujours formelles avant d’être littéraires et subtilement politiques avant d’être poétiques. L’attention va simultanément aux quatre coins de la surface saisie par son viseur. Le résultat est du meilleur Friedlander qui aurait pris une leçon de simplicité dans les photos d’architecture de Dan Graham. » Extraits de Thierry De Duve, Portrait de l’artiste en anaglyphe

« Si {Alain Géronnez} prend le jouet pour l’œuvre, le grenier pour l’atelier et par conséquent, l’enfance pour l’art {…}, c’est qu’il procède souvent par analogies. Je dirais même qu’il a le don de l’analogie comme d’autres ont celui de double vue, sauf que, chez Alain, cela se nomme « en anaglyphe » c’est-à-dire en relief et nous fait voir l’invisible. {… …} Les analogies d’Alain ne sont jamais simples ni de simples associations ; elles ont toujours du relief, voire même de la perspective car elles portent loin. {…} Voyez ce qu’il fait de la rencontre d’un jardin privé et d’un jardin public, de la confrontation de dix critiques d’art, de la rencontre de Marianne North et de Jef Lambeaux, et comment il part en boucle dans De Gründig aux Grünen, où le symbole de l’infini se répète de planche en planche entre des munsters (le fromage) et des pochettes de disques qu’il appelle « paysages ». » Extraits de Renaud Huberlant, Du paradoxe et de l’analogie

CV Alain GeronneZ

Selected solo-exhibitions

1988 «La modernité», performance, Hôtel Wolfers, Bruxelles 1990 «Paris Bastille… La Modernité en jeu», Galerie Claire Burrus, Paris 1991 «Alain géronneZ – Martine Cloots», Centre d’art contemporain, Bruxelles 1993 «Éditions » Galerie Étienne Tilman, Bruxelles 1994 «Bruxxell’ Puzzle», Antichambres du Palais des Beaux-Arts, Bruxelles; « Photodiscs », Neueraachenerkunstverein, Aachen 1995 « Sylvie Eyberg – Alain géronneZ », Belgisches Haus, Koln; « La vitrine de Stassart », Galerie Etienne Tilman, Bruxelles 1998 « Sylvie Eyberg – Alain géronneZ, Mise en doute n°1», 1200 Brux–Galerie Vincenz Sala, Bruxelles 1999 « Französisches Malerei German Painting Peinture Anglaise», Galerie Guy Ledune, Bruxelles; «Intervalles», Chapelle de Monty, Charneux-Herve; « Juan d’Oultremont – Alain Géronnez. Singe ou perroquet », Centre d’Art Nicolas de Staël, Braine l’Alleud 2000«Monuments erronés », Galerie Guy Ledune, Bruxelles 2001 « Jacqueline Mesmaeker – Alain géronneZ. Sway – Snow », Het Kleine Kunstcentrum van het Zoniënwoud, Groenendael 2004 « Mise en Senne», Comptoir du Nylon, Bruxelles 2005 «Pour les Moineaux Für die Spatzen Strictly for the Birds», & «Héritage de l’Ermitage», CIVA, Bruxelles ; «Alain géronneZ – Pierre Toby », Flemish Library, Ixelles; «Leçon sur le son», La Lettre Volée, Bruxelles; performance, Passaporta, Bruxelles ; Performance, Chapelle de Monty, Herve 2008 « Que je te dépeigne », Le Salon d’art, Bruxelles 2010 « Alain Geronnez & William Sweetlove », Annie Pattyn Gallery, Oostduinkerke; « Slalom », Rossicontemporary, Bruxelles 2011 « Records By Number », Piazza Project Space, Bruxelles; « Corps en mouvement », Wolubilis, Bruxelles

Publications

Paris Bastille la Modernité en Jeu, 1990; Les Erreurs & les Aigreurs, 1991; Expositions/Exhibitions, Keepsake éditions, Bruxelles, 1997; Cahier, 1993; Apollon Musaraigne, Al Mizwète éditeur, Charneux-Herve, 1999; Cornélien & Kafkaïen, 1999 ; Dr.Oxymoron, Brugge 2002; J’irai revoir mon Nord-Midi, 2004; Leçon sur le son / Sounding off about Sound, La lettre volée / iMAL, Bruxelles, 2005