35mm – couleur – 60’10 » – France / Belgique – 2013

français, néerlandais, anglais, s.t. français

avec Jan Fabre, Ivana Jozic

Fiction expérimentale de Pierre Coulibeuf

basée sur les performances et le Journal de nuit de Jan Fabre

Capture

Doctor Fabre Will Cure You de Pierre Coulibeuf © Regards Productions et Pierre Coulibeuf

 

Portrait fictif de l’artiste flamand Jan Fabre. Le film, conte de fées moderne, projette Jan Fabre dans son propre imaginaire et compose un personnage qui change sans cesse d’identité. Jan Fabre joue de multiples rôles sous les déguisements les plus variés ; derrière un masque, toujours un autre masque … Le personnage féminin, tel un « démon du passage » empruntant différents visages, hante le personnage masculin et inspire ses métamorphoses, ad infinitum. Les concepts de l’œuvre sont la répétition, le simulacre et la métamorphose, dans un rapport essentiel aussi bien avec l’œuvre de Fabre qu’avec la mienne. La métamorphose, c’est ici le passage d’une forme à une autre, d’un état intensif à un autre, d’une identité à une autre, d’un univers à un autre : le film comme « transposition » – la forme « performance » se change en forme cinématographique –, le film comme création nouvelle.

Doctor Fabre Will Cure You ne donne pas une copie des performances de Jan Fabre, il propose plutôt une approche imaginaire, mentale, c’est-à-dire une réinterprétation des performances devenues ici « actions » au sens du cinéma. Dans le film, la performance et l’artiste Jan Fabre changent de statut : la performance est jouée par l’ « acteur » Fabre, elle n’existe plus sous forme de traces, de signes obscurs, de bribes de souvenirs, qui habitent Fabre devenu personnage multiple dans un récit filmique original. « L’existence simule, elle dissimule, et elle dissimule que, même dissimulant et jouant un rôle, elle continue d’être l’existence authentique, liant ainsi, par une malice presque indémêlable, le simulacre à la véritable authenticité. » (Maurice Blanchot). (PC). … suite >>

:: 01/02/2016 -

SensoProjekt participe au colloque « La critique à l’écran. I : Les arts plastiques » qui se déroulera du 8 au 10 octobre 2015 à l’Université de Pau.
Intervention d’Isabelle de Visscher-Lemaître pour SensoProjekt, le 9 octobre. Thème : « Le film sur l’art, mobilité et diffusion différente ».

Programme

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:: 31/01/2016 -

logo_apreséditionsGilles Coudert, auteur-réalisateur et producteur de films documentaires au sein de la société de production et d’édition a.p.r.e.s, accompagne, depuis plus de 25 ans la création contemporaine. Collaborations au long cours, ses films suivent le travail d’artistes renommés, tels que Tadashi Kawamata, Daniel Buren ou encore Fabrice Hyber. Et c’est en tant qu’éditeur que Gilles Coudert aime donner la parole à d’autres auteurs qui comme lui cultivent un esprit de partage et de transmission. Point de vue sur le film sur l’art et le devenir de sa diffusion.

SensoProjekt :En tant que cinéaste et producteur, comment avez vous abordé le monde de la création contemporaine ?

Gilles Coudert : Pour mon diplôme des Beaux-Arts à l’école de Saint Etienne en 1987, j’ai créé une œuvre video basée sur des entretiens avec des dirigeants et producteurs de chaînes TV à Paris, Berlin ou Barcelone afin de cerner ce qu’évoquait le concept d’Europe à cette époque vu par les média télévisuels. En dix minutes, mon projet se proposait de livrer non pas les interviews en eux-mêmes mais bien les « entre deux » des différentes rencontres. Ma démarche consistait à revaloriser le processus de création, ici la genèse et l’élaboration d’une parole, comme partie intégrante du projet. J’ai ensuite affiné cette pratique avec les artistes et les architectes, le projet de chacun définissant un processus de transmission spécifique. De l’immersion dans l’exposition de Daniel Buren le « musée qui n’existait pas » en 2002 à la réalisation des œuvres vidéo de Kimsooja et de leur making of en 2007 au Mac Val, en passant par la production et la réalisation du projet télévisuel de Fabrice Hyber pour le Pavillon français de la biennale de Venise en 1997, j’endosse la double figure du témoin-acteur de chaque projet. … suite >>

:: 09/10/2014 -

TRAIT POUR TRAIT

De Jean-Baptiste Chardin à Mélissa Pinon

Un film de Julien Devaux, 2012, 52 min.

Produit par Lumina Films (Marie Napoli) et France Télévisions (France 3 Bourgogne) – Réalisé entre 2001 et 2012.

 

 Ce documentaire très sensible que l’on doit à Julien Devaux, auteur du célèbre film Wide Details on the Traces of Francis Alys (2006), présente d’une part l’histoire naissante de la jeune peintre Mélissa Pinon, et d’autre part, un pan plus large de l’histoire de la peinture. Je m’explique. Le sujet du film, c’est Mélissa Pinon au travers de la nature morte de Chardin qu’elle copie et de cette compréhension qu’elle mène jusqu’à son terme, celui de peindre une autre raie en ce 21e siècle. Car on le sait, ce tableau de La raie (1728) a été de nombreuses fois copié tant par Ensor, Boudin, Soutine que Matisse et abondamment commenté tant par Diderot que Proust, Faure, Wildentstein, toutes citations qui trament le film. … suite >>

:: 12/06/2013 -

Compte-rendu de la soirée André S. Labarthe autour du film « Tapiès, Barcelone » (1982), le 1er juin 2012 à la Maison des Ensembles, Paris 12è.

A propos du film
C’est un « film poème » qui raconte Tapiès au travail, la ville de Barcelone et l’écriture ou le livre. Il appartient à la famille des films sur l’art dit « film processuels » pour reprendre la tentative de typologie établie par Phil. Alain Michaud dont font partie F. Campaux, Henri Matisse (1946) / H. Namuth, Jackson Pollock (1951) / P. Haesaerts, Visite à Picasso (1949) / H.G. Clouzot, Le mystère Picasso (1956). C’est-à-dire des films qui suivent le geste de l’artiste et accompagnent le processus créateur au moyen de la caméra. Sauf qu’ici il se teinte aussi du type « film emphatique » dans lequel le cinéaste rend compte de sa perception de l’œuvre, s’identifie à elle, hors didactisme et au seul moyen du cadrage, des mouvements de la caméra, de la musique et du montage dont on retient surtout ceux réalisés par L. Emmer, Giotto (1939), P. Francesca (1949) pour ne citer que ceux-là.  … suite >>

:: 25/06/2012 -

Shaped Cinema de Jean-Baptiste Maître (14’, 2010), Blind/Time de Teri Wehn-Damisch (24’, 1995), Dissonant de Manon de Boer (11’, 2010)

Projection du 30 mars à la Maison des Ensembles (Paris 12è) 

Dans le cadre de cette programmation, nous avons fait cohabiter une œuvre documentaire avec deux vidéos d’art. Chacun à leur manière, ces trois films considèrent l’œuvre visuelle ou sonore d’un artiste, réalisée ou en cours de création. La vidéo intitulée Shaped Cinema de Jean-Baptiste Maître laisse défiler sur l’écran des motifs reproduits dans un catalogue d’exposition de Franck Stella, lesquels alternent avec des commentaires issus du même ouvrage. Dans Dissonant, Manon de Boer filme la danseuse Cynthia Loemij en train d’exécuter une réponse de dix minutes à l’une des sonates  pour violon seul d’Eugène Ysaÿe. Enfin, avec Blind/Time, titre éponyme d’une série d’œuvres sur papier de Robert Morris, Teri Wehn-Damisch propose un enregistrement en temps réel de l’exécution d’une œuvre de la série.

Blind/Time

Blind/Time

Shaped Cinema

Shaped Cinema

Dissonant

Dissonant

 

 

 

 

 

 

A travers ces trois propositions, la question du rapport au temps est centrale. Pour ce faire, les auteurs de ces films ont choisi d’explorer les mécanismes de la mémoire et de la perception visuelle et sonore. Comment le spectateur peut-il appréhender et faire l’expérience de la durée ? Comment peut-on convoquer la mémoire et au cas échéant la fabriquer ?  … suite >>

:: 29/04/2012 -

En conclusion de son intervention à propos de Max Bill et du film relatant son œuvre, Patrick Beurard-Valdoye se concentre sur un moment extraordinaire qui retrace la rencontre de l’artiste suisse avec Walter Gropius lors de l’inauguration de l’Ecole Supérieure de la forme ou HfG à Ulm (All) en 1954. On le sait, Max Bill en fut l’architecte, le concepteur et le premier directeur (ou rektor dans le texte ci-après). L’édification de cette école après la guerre et grâce à la volonté de mécènes (Inge et Otl Aicher-Scholl) provoquera l’entrevue entre l’architecte allemand et fondateur de l’Ecole du Bauhaus à Dessau en 1919 avec l’artiste tantôt qualifié de « gestalter » en général, tantôt de « reconstituteur » du Bauhaus en particulier. IDVL (21.02.2012)  … suite >>

:: 22/02/2012 -

Le 30 septembre à la Maison des Ensembles à Paris, Stéphanie Katz, essayiste (image et sémiologie),  a présenté et commenté le film dédié à l’artiste Pipilotti Rist, « The color of your socks » de Michael Heggelin. Le texte qui suit offre une retranscription partielle de cette interprétation.

Chatoiements de l’intime par Stéphanie Katz

Aujourd’hui, projeter un film sur Pipilotti Rist oblige à tenir compte d’un présupposé : il est  probable que la plupart des personnes présentes dans la salle seront déjà partiellement informées sur l’œuvre et la personnalité de cette artiste Suisse, née en 1962, qui s’impose de façon radicale sur la scène de l’art internationale à la fin des années 80. Repérable par sa personnalité pétillante, son sourire intelligent et l’élégance pimpante de ses tenues vestimentaires, elle est connue pour déployer sa pratique artistique à la frontière de l’art vidéo et de l’installation conviviale. De films en mises en espace, elle élabore depuis plusieurs années un univers visuel poétique métaphorique, peu narratif, qui insiste sur une esthétique aux couleurs artificielles et oniriques, sur une perturbation des axes et des points de vue, sur un trouble des cadres et des rythmes de montage. L’attention portée sur le rendu expressionniste des textures déploie tout un théâtre de sensations haptiques, souvent articulées à des dispositifs participatifs et collectifs. L’artiste propose elle-même des pistes de lecture de son projet: « Depuis des années, mon propos est de considérer, sous plusieurs angles, ce qui fait la différence entre les sexes, car je suis persuadée que, la manière dont chaque être humain vit son identité sexuelle, détermine l’évolution de la subjectivité de l’individu et constitue la base de son comportement social et politique. »  … suite >>

:: 19/12/2011 -

A propos des 9 evenings et des dix films réalisés par Barbro Schultz Lundestam (2009) à partir des dix performances d’artistes qui se sont déroulées à NY avec la collaboration des Bell Telephone Laboratories en octobre 1966.

Par Isabelle de Visscher-Lemaître

David Tudor – Bandoneon! Extrait 1
David Tudor – Bandoneon! Extrait 2
Oyvind Fahlstrom – Kisses – Extrait 1
Oyvind Fahlstrom – Kisses – Extrait 2

Je voudrais simplement réagir par quelques notes, remarques ou questions après avoir vu trois de ces films (samedi 20 novembre à la Cinémathèque française) : ceux sur la performance de Yvonne Rainer, Carriage Discreteness, d’Alex Hay, Grass Fields et d’Oyvind Fahlstrôm, Kisses Sweeter Than Wine. D’abord, de façon générale, la réalisatrice Barbro Schultz-Lundestam a pris le parti formidable de faire se succéder la retransmission des documents d’archives (retrouvés et complétés par différentes sources), puis un documentaire tourné et monté par elle. Il est donc rendu compte de l’œuvre originale avec un maximum de justesse. L’apport de commentaires par les artistes eux-mêmes ou par Billy Klüver à l’origine de cette initiative, par des techniciens des Bell Laboratories, Per Biorn en particulier, par Robert Rauschenberg qui s’était énormément investi dans ce programme (en tant que performeur et pas seulement) et d’autres proches des événements nous éclaire amplement sur ce qui s’est mis en place, les idées des artistes, l’impact de l’expérience en temps réel et a posteriori. Sans nul doute, c’est une très belle documentation et remarquable réalisation qui contribuera à donner tout son poids historique aux dites neuf soirées – qui attira les foules à NY même si les performances en soi étaient assez bricolées et certaines, des plus hasardeuses. Ce que Brian O’Doherty résume par ces mots : « The major scandal, triumph, vision or nightmare of the season were the events – planned and unplanned – that took place from October 13 to 23 at the 25th Street Armory on Third Avenue ».  … suite >>

:: 22/11/2010 -

Propos recueillis par Alexandra Bourré pour SensoProjekt

Lowave est un label de film indépendant dont les activités se situent sur plusieurs niveaux, la distribution, la production et la programmation de films d’artistes et de documentaires. Parmi ces trois activités, quelle est celle qui a réellement motivé la création de Lowave ?

À l’origine Lowave était une maison d’édition que Marc Horchler et moi-même avons fondée en 2002 sur le modèle d’un label de disque. Nous voulions créer un label, éditer et distribuer des vidéos d’artistes et des films expérimentaux sous forme de DVDs thématiques et monographiques ainsi que des documentaires de création afin de les rendre accessibles à un public plus large que celui des festivals et des galeries d’art contemporains. … suite >>

:: 29/03/2010 -

par I. de Visscher-Lemaître. Extraits de l’article « le geste au regard de la caméra » publié dans la revue DITS n°11, printemps-été 2009.

Très tôt dans l’histoire du « film sur l’art », la caméra se focalise sur le geste du peintre au travail. L’événement qui fait date en la matière, c’est la série Schaffende Hände (Les Mains créatrices) que tourne l’allemand Hans Cürlis à Berlin dans les années 20. Il filme Georg Grosz, Otto Dix, Wassily Kandinsky et d’autres, son entreprise consistant à accompagner visuellement le processus créateur en utilisant les ressources de la caméra {de façon} relativement novatrice. Isolant les artistes sur un fond neutre, il se concentre sur le mouvement des mains, cadrées le plus souvent en gros plan, et cherche à montrer la naissance de la forme en utilisant les ralentis et les accélérés. (Ph-A. Michaud, « Le film sur l’art existe-t-il ? », Film sur l’art et ses frontières, Actes du colloque, Univ. de Provence/Inst. de l’Image, Aix-en-Provence, 1998) … suite >>

:: 02/03/2010 -